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Trame noire et biodiversité nocturne à l'Espace naturel Lille métropole
09-04-2015
Lille
Les images satellites de nuit montrent que notre planète
s’éclaire de toute part. Cet éclairage artificiel nocturne a
un impact sur la biodiversité et sur le fonctionnement des
écosystèmes. Il concourt à la fragmentation des habitats
naturels. Il désoriente et épuise jusqu’à la mort de nombreuses
espèces faunistiques en jouant un rôle attractif
ou répulsif. Il a également un impact sur la croissance et la
floraison des plantes.
 
Nous avons pour mission à la fois d’accueillir du public
et d’améliorer la biodiversité. Nous sommes concernés par
cet éclairage de nuit. Pour cette raison, notamment, les
éco gardes font des suivis d’espèces nocturnes comme les
chouettes et les chauves-souris.
 
La notion de trame noire a fait son apparition depuis
quelques années, s’ajoutant à celle de «trame verte et bleue»
déjà bien connue. Son objectif: constituer un corridor sur
lequel l’éclairage artificiel nocturne est adapté pour limiter
ses impacts sur la nature, sans pour autant entraver
la sécurité ni le confort des activités humaines.

 
L’ENLM participe à un programme d’étude et de
recherche pour le développement de la trame noire de
l’agglomération lilloise, en partenariat avec le bureau
d’étude Biotope, le Centre d’Ecologie et des Sciences de
la Conservation, le Muséum National d’Histoire Naturelle
de Paris, le Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive de
Montpellier, le Laboratoire Territoires, villes, environnement
et société de l’Université de Lille 1, la Ville de Lille, et la
Coordination Mammalogique du Nord de la France.
 
Financé par le Conseil Régional Nord-Pas de Calais, il est planifié sur 2015 et 2016 et comprend 2 volets : écologique et social. 
Le volet écologique s’appuie sur des inventaires de
chauves-souris. Ces données permettront de modéliser
dans l’espace les trames noires les plus fonctionnelles…
et mettront en valeur les solutions d’éclairage les moins
nocives pour la faune.
Le volet social cherchera à mesurer le niveau d’acceptabilité
sociale de l’évolution des modes d’éclairage et
l’appropriation du projet par les riverains. Ce volet repose
sur une enquête auprès des habitants et des agents des
services de l’urbanisme. Celle-ci débute cette année.
 
L’analyse croisée de ces deux volets permettra la
mise en place d’une trame noire à la fois socialement
acceptable et biologiquement efficace.